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Avril 2007 DANS CE NUMÉRO
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Café durable : Le pouvoir des consommateurs au service de la préservation de la biodiversité Le café représente le premier marché de produits de base au monde et le deuxième produit échangé, après le pétrole. Un projet du FEM et du PNUD vise à transformer la manière dont les compagnies se procurent le café qu'elles vendent, et partant, à préserver une biodiversité vitale. Ce projet entend mettre à profit l'immense pouvoir des consommateurs sensibles à l’environnement et à l’éthique pour promouvoir la culture d'un café labellisé « développement durable » et cultivé dans le respect de la biodiversité en Amérique du Sud.. En travaillant avec Rainforest Alliance, les leaders mondiaux de la certification de produits, le projet offre la possibilité de réorienter non moins de 4,5 milliards de dollars sur des méthodes écologiquement viables en amenant les entreprises concernées à délaisser les méthodes non viables. Ce projet vise à doubler la proportion de café certifié sur le marché, la faisant passer de 5 à 10 %, et à jeter un pont entre les forces du marché et la préservation de la biodiversité. Administré par le PNUD, ce projet de 94,25 millions de dollars (dont une contribution du FEM de 12,64 millions de dollars) rassemblera de grands négociants de café, des torréfacteurs, et des importateurs de produits de marque intervenant dans six pays d’Amérique latine producteurs de café — Brésil, Colombie, El Salvador, Guatemala, Honduras et Pérou — pour assurer la survie de la culture traditionnelle du café sous ombrage dans une région qui abrite quelques-uns des écosystèmes à la biodiversité la plus riche et la plus menacée de la planète. Les plantations traditionnelles de café sont extrêmement respectueuses de l’environnement, la culture sous ombrage n’ayant aucun impact sur la forêt naturelle et affectant à peine la flore et la faune locales. Toutefois, les forces du marché, dont la concurrence des nouveaux producteurs d’Asie, font perdre beaucoup d'emplois dans la filière café, réduisent les recettes d’exportation et contraignent les petits producteurs à abandonner leurs plantations traditionnelles et diversifiées qui sont par la suite converties en plantations monoculturales sans ombrage ou à ombrage minimal, ce qui s’accompagne d’un appauvrissement considérable de la biodiversité. Le projet a enregistré un premier succès cette année lorsque la chaîne McDonald’s a annoncé que l'ensemble de ses 1 200 restaurants au Royaume-Uni et en Irlande, qui servent plus de 143 000 tasses de café par jour, vendraient désormais exclusivement du café dont les grains auront été certifiés par Rainforest Alliance. La chaîne étendra cet engagement à ses autres restaurants européens en 2007. Kraft Foods, Caribou Coffee, Lavazza, Procter & Gamble, Drie Mollen et d’autres firmes se sont déjà montrés favorables à ce café labellisé. Le projet est destiné à aider le système de certification existant à se développer au-delà du créneau actuel et à atteindre le « point d'équilibre » à partir duquel il pourra continuer à se développer sans apport financier extérieur. L'objectif est notamment de multiplier par plus de 15 les surfaces certifiées, en les faisant passer de 93 000 hectares en 2005 à 1,5 million d’hectares en 2013 (1 million d’hectares de terres productives – soit 10 % de la superficie mondiale consacrée à la production de café – et 500 000 hectares de zones à préserver, comme dans toutes les caféières certifiées par Rainforest Alliance. Au plan de la demande, le projet vise à faire passer de 30 000 à 500 000 tonnes le volume annuel de café vendu certifié par Rainforest Alliance, soit 10 % du marché mondial. Le café certifié sera proposé par 200 000 à 300 000 points de vente, contre 20 000 actuellement. Ce projet de café labellisé « développement durable » mettra à profit l’expérience acquise par Rainforest Alliance dans le cadre du programme SmartWood, un mécanisme accrédité de certification forestière. Les enseignements tirés des six pays où le projet est exécuté seront alors étendus au Belize, au Costa Rica, à l’Équateur et au Mexique, qui participent déjà aux programmes de certification de café de Rainforest Alliance, et aux pays qui rejoindront ce programme. Quelques années plus tard, ce programme gagnera l'Afrique et l’Asie, couvrant toutes les grandes régions productrices. Les enseignements tirés du projet seront en outre appliqués à d'autres cultures couvertes par des programmes de certification de Rainforest Alliance, notamment la banane, le cacao, l’ananas, les fougères et les agrumes.
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