Avril 2007

DANS CE NUMÉRO

 


Alger accueille une conférencesur l’Année internationale des déserts et de la désertification

Près de 2 milliards de personnes vivent dans des zones menacées de désertification. Face à ce problème grandissant, près de 200 experts originaires de 25 pays se sont réunis à Alger du 17 au 19 décembre 2006 à l'occasion d'une conférence organisée par l'Université des Nations Unies (UNU) pour s'attaquer aux causes et aux conséquences de la désertification. Accueillie par l'Algérie, cette conférence marquait la fin de l'Année internationale des déserts et de la désertification.

« La désertification est une menace majeure ; la lutte contre ce processus a des effets positifs considérables sur la réduction de la pauvreté et la sécurité écologique de la planète » a déclaré le professeur Hans van Ginkel, sous-secrétaire général des Nations Unies et recteur de l’UNU.

La conférence a permis de récapituler et d'examiner les conclusions et recommandations concrètes sur lesquelles l'Année internationale des déserts et de la désertification a débouché au plan des politiques à mener. Les résultats de cette conférence seront présentés en 2007 dans une publication qui visera à aider les décideurs.

Le FEM a contribué à cette réunion en intervenant sur les sujets suivants :

  • Résultats et recommandations du forum du Cap sur la gestion durable des sols et de l'eau, et étude sur la mobilisation des ressources et état du financement des activités relatives à la dégradation des sols”
  • Gestion des savoirs
  • Mise au point d'indicateurs de la gestion durable des sols
  • Évaluation de la dégradation des zones arides (LADA)
  • Exemples de projets d'application de la stratégie du FEM sur la dégradation des sols.

Monique Barbut, la directrice générale du FEM, a participé à la séance de clôture du panel de haut niveau, pendant laquelle elle a mis en lumière certaines questions de fond examinées pendant la conférence.

La conférence d'Alger a été l'occasion de partager les acquis et d'examiner les résultats qui offrent des perspectives intéressantes. L'un des enseignements tirés des actions menées est que la réorientation des politiques et la mise en oeuvre d'une stratégie intégrée de gestion durable des sols n' impliquent pas nécessairement des investissements massifs. En outre, le taux de rentabilité des investissements dans la gestion des ressources naturelles et des zones arides est positif. Le coût de l'inaction est élevé.

Différents aspects économiques ont été abordés pendant la réunion. La dégradation des sols est une menace pour la stabilité économique et sociale. Face à la gravité du problème, la volonté politique et de solides mesures de gestion durable des sols sont nécessaires. Si les gouvernements des pays touchés s'impliquent davantage dans la lutte contre la désertification en intégrant des mesures de gestion durable des sols à leurs politiques de développement, les actions menées auront des effets positifs plus grands.

Parallèlement à ces dimensions économiques, les participants ont ajouté que les éleveurs pratiquant le pastoralisme ont un rôle important de gardiens des zones arides et que cette activité constitue un secteur économique viable. Au-delà des avantages économiques, le pastoralisme fournit des services écologiques vitaux.

Faisant la synthèse de la réunion, les participants ont réaffirmé l'importance d'une approche participative de l'élaboration et de l'application des politiques, et du suivi de leurs impacts. Ils ont aussi formulé plusieurs recommandations sur les activités de suivi et d'évaluation, et ont pris bonne note de quelques opérations importantes en cours, telles que l'évaluation mondiale de la dégradation des terres arides et la mise en place d'un dispositif mondial d'indicateurs de la gestion durable des sols.

La clôture de la conférence d'Alger s'est accompagnée d'une cérémonie de signature d'un document destiné à l'Assemblée générale des Nations Unies pour faire des 10 prochaines années la Décennie des déserts et de la désertification. Les 22 ministres de l'Environnement de la Ligue des États arabes, qui s'étaient réunis le 19 décembre 2006, à Alger, les institutions organisatrices de la conférence d'Alger sur l'Année internationale des déserts et de la désertification, et les Secrétariats de la Convention sur la diversité biologique et de la Convention des Nations Unies sur la lutte contre la désertification ont tous signé ce document.